13 Juin 2026
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L'autorisation de la famille BOUGUERN a été donnée à l'Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins pour diffuser la cérémonie en vidéo sur le site HarkisDordogne.com via sa chaîne YouTube dans le but de garder un souvenir et d'informer la famille et les amis qui ne pouvaient pas être présents ce jour-là. Webmaster HD
- Durée vidéo 20'43" -
Cérémonie au cimetière musulman en mémoire de M Tayeb BOUGUERN à Bergerac
Mesdames, messieurs, chers compatriotes, chers amis,
A l’issue de l’éloge funèbre, après l’annonce « aux morts », nous observerons une minute de silence.
Je m’adresse à vous au nom du président Hamid Khemache et des membres de l’Association Départementale Harkis Dordogne, Veuves et Orphelins.
Nous sommes ici pour honorer la mémoire de Monsieur Tayeb Bougern, ancien combattant Harki, qui vient de nous quitter, il venait d’avoir 86 ans.
Tayeb a rejoint l’association il y a quelques années, c’est vite devenu un fidèle, présent à toutes les cérémonies, manifestations ou rencontres diverses.
Il avait également adhéré à l’amicale des Pieds-Noirs et de leurs amis de la Dordogne.
Il vient de partir tragiquement alors qu’il venait rejoindre ses amis de l’association à Creysse. Nous devions nous rendre à une cérémonie organisée par une association de harkis du Puy de Dôme, sur les lieux d’un cimetière pour enfants de Harkis à Bourg Lastic. Hélas, Tayeb n’est jamais arrivé…
Il est né le 9 mai 1940 à Bouhamdane, plus exactement à Oued Chref, petit village situé à 40 km à l’ouest de Guelma, proche de la frontière Tunisienne. Cette région, est magnifique, mais difficile d’accès car montagneuse, c’est le fief de la tribu des Béni Foughal.
Cadet d’une famille d’une famille recomposée. Très jeune, il s’occupe de sa mère et de ses frères et sœurs. En effet, son père Saad est mort pour la France lors de la fin de la 2ème guerre mondiale. Ses parents étaient agriculteurs, fellah comme on dit chez nous.
Mais, comme tous les habitants de ce beau pays, l’Algérie, la guerre nous a rattrapée et va broyer des vies.
Ainsi, Tayeb rejoint l’armée Française le 1 mai 1959 en s’engageant à la Harka du 151ème régiment d’infanterie motorisé. Il participe alors aux opérations menées par son régiment, il connaîtra tous les aspects de cette guerre : contrôles, ratissages, postes, formation de commandos, patrouilles, opérations conjointes avec les parachutistes et la Légion, pacification, aide aux populations. Il aura également contribué, à son niveau, à la construction d’écoles, de villages, aménagé des postes, soigné et protégé des populations faisant ainsi preuve de sa faculté d'adaptation.
Son aptitude au combat, sa vaillance font que lui sera décerné la croix de la valeur militaire avec une citation à l’ordre du régiment le 14 mai 1960. La guerre continue, Tayeb est toujours présent.
Le 7 mai 1961, en opération dans le djebel Betoum, il est victime d’un engin piégé et perd l’usage de sa jambe gauche. Le 19 octobre de la même année, il lui est décerné la croix de la valeur militaire avec un citation à l’ordre de l’armée accompagné de la Médaille militaire.
Il quitte l’armée Française en octobre 1962 lors de sa venue en métropole.
Comme la plupart des Harkis, malgré le sacrifice consenti au service de la France, il est relégué au camp de Saint Maurice l’Ardoise qu’il quitte pour rejoindre le 17 janvier 1963 celui de Bias en Lot et Garonne où sont parqués de très nombreux blessés de guerre et invalides.
Il est ensuite parti travailler dans une entreprise puis a rejoint Gardonne où il était employé dans une conserverie. C’est là qu’il a posé ses valises définitivement, faisant construire une maison qu’il a habité jusqu’à ce terrible drame qui nous a tous bouleversé.
Tayeb s’est marié en 1968 avec AZZIZI Aldjia, fille de harki.
Que dire de la vie de cet homme victime des caprices de l’Histoire comme tant d’autres. Il a dû fuir son pays chéri, l’Algérie, une déchirure indélébile. Comme disait Albert Camus : « de l’Algérie, on ne guérit jamais » Sur le plan familial ; il s’est voué, avec son épouse, à l’éducation et à la parfaite intégration de ses enfants, 4 garçons et 1 fille, dans le tissu social local. Il était profondément attaché à des valeurs qu’il leur a inculquées. Il a eu 11 petits-enfants.
Sur le plan militaire ; malgré ses faits d’armes incontestables, il est toujours resté discret, humble comme un grand nombre de harkis.
Toujours d’humeur égale, très calme, souriant, un ami fidèle et sincère.
Monsieur Bougern Tayeb a été un combattant fidèle, un homme de caractère respectueux d’autrui, un père aimé et aimant, en fait, un homme bien.
Il peut partir en toute quiétude, il a accompli sa mission sur terre avec dignité, trop tôt bien sûr, pour nous tous.
Sachez que d’ici peu, il allait être décoré de la Légion d’honneur, il en était fier. Hélas, la destinée en a décidé autrement, Mektoub. Il assumait avec fierté ses origines ainsi que d’avoir servi dans l’armée Française, avec honneur et fidélité au sein des Harkis.
Pour finir cet hommage à notre ami Tayeb, je vous livre un commentaire de condoléances parmi tant d’autres que j’ai relevé sur le site WhatsApp dédié aux membres de l’association harki Dordogne. Il est de Rabah, fils de harki, le voici :
« En mémoire de monsieur Tayeb Bougern. Tayeb… ancien combattant de la guerre d’Algérie, qui entre 1959 et 1962 a servi avec honneur dans l’armée Française. Il aspirait à une carrière brillante, mais une embuscade lui a coûté sa jambe brisant son rêve et mettant fin à son parcours. Il attendait la Légion d’Honneur qu’il n’a jamais reçu. Que son histoire, porteuse de courage et de dignité, reste gravée dans nos cœurs et auprès de ses compagnons harkis. » fin de citation.
Paix à ton âme cher Tayeb, repose en paix. Je vous remercie.
https://www.harkisdordogne.com/
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