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Carcassonne : la communauté harki "espère qu'Emmanuel Macron tiendra sa parole"

 Les membres de la communauté harki ont rendu hommages aux anciens disparus. - L'indépendant-Claude Boyer.

À l'occasion de la Journée d'hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives, de nombreux membres de cette communauté se sont retrouvés au pied du monument aux morts de la place Davilla. Les déclarations du Président de la République étaient au cœur de toutes les discussions. Témoignages. 

Les anciennes et les nouvelles générations de harkis réunies pour cet hommage national - L'indépendant-Claude Boyer.

"Oui, les conditions que l'on a connues à notre arrivée, en 1962 ou 1963 comme moi, n'étaient pas faciles... On ne savait pas lire, ni écrire, le travail était dur. Les déclarations du Président de la République, je ne le cache pas, m'ont fait chaud au cœur." Hacene Kaci fait partie la communauté harkis, ces supplétifs comme on dit, qui ont toujours aimé la France et qui ont combattu pour elle. Français, il l'a toujours été. Pourtant, à son arrivée d'Algérie, c'est au hameau forestier de Pujol-de-Bosc qu'il a atterri. Loin du village de Villeneuve-Minervois, loin de la société. Avec un intense sentiment d'abandon et de déracinement qu'ont vécu comme lui quelque 400 000 membres de sa communauté.

Nous ne pouvons accepter ni l'indifférence, ni l'exclusion

La cérémonie a été installé dans le calendrier mémoriel national depuis 2003- L'indépendant-Claude Boyer.

Alors, ce samedi matin, pour la Journée d'hommage aux harkis, les mots de Geneviève Darrieusecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées, lus par Joëlle Gras, sous-préfète et directrice de cabinet du préfet, ont raisonné comme un apaisement : "La France a reconnu avoir manqué à son devoir de protection et d'accueil envers ceux qui lui avaient fait confiance, ceux qui l'avaient choisie. Cinquante-six ans après la fin de la Guerre d'Algérie, les blessures restent fortes. Nous ne pouvons accepter ni l'indifférence, ni l'exclusion. C'est pourquoi, à la demande du Président de la République, des mesures nouvelles vont être prises pour la mémoire des harkis (...)" La demande de pardon d'Emmanuel Macron au nom de la France et l'annonce d'une loi de reconnaissance et de réparation ont eu pour effet de susciter des espoirs... et des doutes aussi. Car depuis presque six décennies, les harkis ont couru de désillusion en désillusion... "Chez nous, certains, comme moi, sont convaincus que le Président a été sincère.

D'autres, qui ont été baladés depuis presque 60 ans, pas du tout. J'espère simplement que ce n'est pas un coup médiatique à la veille de la Présidentielle. Quand ce sera inscrit dans le marbre, dans la loi, là j'y croirai définitivement", commente Ali Boulefaa, qui entretient la mémoire de son papa, Ali, figure de la communauté à Carcassonne. Arrivé en 1962, à l'âge de 7 ans, au camp de Bias, dans le Lot-et-Garonne, Ali se souvient de tout : "Tous les matins, on était là, à côté de mon père, à saluer le drapeau français à la levée des couleurs et le soir, c'était pareil. Malgré tout, on a eu l'impression que la France nous avait lâchés."

À six dans 25 m2

Rabah Zaoui, lui, n'avait que six mois quand il a mis le pied sur le continent. Mais jusqu'en 1972, date à laquelle son père, Djerouni, n'a plus pu travailler, c'est dans le hameau de forestage de Saint-Martin-des-Puits, dans les Corbières, qu'il a vécu : "On était six dans 25 m2 : l'hiver on se tenait chaud, mais les conditions étaient précaires. C'était il n'y a pas si longtemps et c'était en France", commente celui qui, aujourd'hui, a réussi dans la restauration et dans la formation (il est à la tête d'une école pour pizzaïolos). "On a été mis à l'écart, à l'abandon, avec un chef de camps qui était chargé de nous surveiller, qui nous mettait sous cloche pour ne pas qu'on sorte et qui faisait comme bon lui semblait. Pour les Algériens on était des traîtres et ici, on était des sales arabes. Mais moi, je suis né Français : j'ai une culture maghrébine, mais je suis Français !" Un cri du cœur... depuis 59 ans. 

25/09/2021

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Z
Bonjour,
Trop longtemps, dans le silence et l'oubli!!!
Trop longtemps dans les camps de la honte!!!
Trop longtemps dans le respect et l'humilité !!!
Trop longtemps, laissés pour solde de tout compte!!!
Trop longtemps vous avez usurpés notre histoire, vous avez même tentés de nous voler notre survie dans les camps miteux de la misère, morts, vies d'enfants détruites à jamais...
Qu'avez nous fait pour mériter, ce traitement indigne d'un si grand pays???
Nous payons notre fidélité à la FRANCE????????...
À mon père, ma mère, mon frère et mes soeurs, à mes enfants...
Pour combien de temps encore?
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