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Picardie Les harkis sortent de l'ombre

En déplacement hier à Amiens, le ministre délégué aux Anciens combattants a annoncé la volonté de l'État de réhabiliter la mémoire des harkis. La communauté picarde apprécie.
C'est un acte symbolique fort pour la communauté harkie. Hier, lors d'un déplacement à Amiens avec le ministre de la Ville François Lamy, Kader Arif, ministre délégué aux Anciens combattants, a réaffirmé la volonté du gouvernement de réhabiliter la mémoire de ces Algériens qui ont payé au prix fort leur engagement au côté de l'armée française (1957 à 1962.)
«Notre pays a parfois du mal avec sa mémoire, a admis Kader Arif. Je ne suis pas pour les lois mémorielles, mais les harkis méritent la reconnaissance et la réhabilitation. »
Cette reconnaissance, déjà effective depuis une loi promulguée en 1994, passe avant tout par des actes symboliques. Le ministre délégué aux Anciens combattants a ainsi annoncé la réalisation prochaine d'un Chemin de la mémoire.
Des plaques seront apposées dans tous les lieux de France où les rapatriés d'Algérie ont été accueillis, la plupart du temps dans des conditions indignes. Ce fut le cas à la citadelle d'Amiens, où le ministre a choisi de se rendre hier.
                                    

Le ministre Kader Arif (à gauche), hier à la citadelle d'Amiens où ont vécu plus de 1000 réfugiés de 1962 à 1965, parmi lesquels Ali Sakri (à droite).
 
Ici, plus de mille harkis ont vécu entassés les uns sur les autres de 1962 à 1965. Ali Sakri, président de l'association des musulmans français de Picardie avait douze ans lorsqu'il est arrivé ici en juillet 1962, en pleine nuit, avec toute sa famille.

«Nous vivions à douze dans la même pièce, sans aucune intimité, se souvient Ali Sakri. Nous venions de la campagne algérienne et c'était compliqué de se retrouver ici, dans une grande ville inconnue. Les gens n'osaient pas sortir car ils avaient peur de se perdre. C'est un souvenir douloureux. »

 
Ces conditions d'hébergement, qui «n'honorent pas la République », a rappelé hier le ministre, ont longtemps été cachées ou minimisées.

«De même que le rapatriement s'est fait dans le plus grand secret, souligne Bérenger Bonneau, historien et auteur du livre, Les Harkis de la Somme de 1954 à nos jours. Ces gens étaient déboussolés, ils vivaient un double traumatisme, celui de la guerre et celui de l'exil. »
 
Le ministre a par ailleurs confié qu'il «souhaite et espère » prendre part au voyage officiel de François Hollande en Algérie, mi-décembre.

 16/11/2012

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