28 Avril 2025
Les 18 et 19 avril 2025 une rencontre honneur aux mamans, mamies s'est tenue à Épinal (88) dans la salle de quartier Madeleine Caserne Schneider. Cet événement a été organisé par Ajir Grand Est et L’Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins, suite au séminaire d'Ajir France de juin 2024, avec la présence de Mme Zekira Messaoudi de l'association UNVEHAC d'Épinal.
Nous adressons nos sincères remerciements à Fatum Laour, ainsi qu'aux mamans et aux mamies, et leur exprimons notre profonde gratitude pour l'accueil chaleureux qu'elles nous ont offert. Webmaster HD
Témoignage 2 de 6
- Extrait -
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Témoignage de madame B...Aïcha
Je suis madame B... Aïcha, je suis née en 1953 à Ain Defla proche d’Alger. Je me suis marié à un fils de Harki en 1975, j’ai eu 13 enfants, 10 filles et 3 garçons. En Algérie, mon père était cultivateur et ma mère s’occupait du foyer et de ses 5 enfants. Mes souvenirs : Le FLN arrive et vient voir papa. Fouille et brule tous les papiers.
Tous les soirs il revenait venait voir su papa était là. Ma mère disait qu’elle ne savait pas. Il se cachait la nuit. Cela dura un certain temps, il ne voulait pas rejoindre la rébellion ni s’engager dans l’armée Française. L’armée nous a conseillé de quitter nos maisons et de nous installer près d’une caserne. Comme il ne pouvait plus travailler à sa ferme, il est rentré comme Moghazni dans une SAS.
Nous ne pouvions pas sortir, dès que nous nous éloignions, on nous tuait. L’indépendance est arrivée, ma mère ne voulait pas venir avec nous quand mon père nous a mis dans un camion bâché pour rejoindre une caserne. Mon frère de 10 ans s’est sauvé. Mon père voulait l’abattre pour qu’il ne soit pas pris et torturé par le FLN, mais une patrouille de l’armée l’a rattrapé et ramené. 10 membres de ma famille ont été tués par le FLN. Après, nous avons pris le bateau, Pour nous y rendre, nous avons été caillassés. Nous étions 60 familles dans la soute.
Ma mère y a accouché dans des conditions atroces. Arrivés à Marseille, nous étions sales, pieds nus, c’était affreux. Puis, l’armée nous a emmené parqués dans des camions à Bourg Lastic jusqu’en septembre. Ils ont donné des outils aux hommes pour couper du bois, puis ils ont monté les tentes où logeaient 3 familles avec des lits pliants, sans couverture. Les toilettes étaient dans une tente pour tout le monde et sans eau.
Les repas étaient distribués pour la journée. Un petit copain est tombé dans les toilettes, rien pour le laver, rien pour s’essuyer.
Puis, nous sommes allés à Rivesaltes en septembre, logés de la même manière, rien du tout. Nous avions très froid. Nous cherchions du bois pour chauffer la tente. Après, nous étions dans des baraquements jusqu’en juin 1963.
De cette date, on a proposé à 60 familles d’aller en Lozère. Ma famille a accepté, nous étions parqués de la même manière. L’aménagement des barraques était très sommaire, presque pas de mobilier, juste le minimum, l’eau dehors à 500 mètres. Aucun sanitaire, un chef de camp. Seulement plusieurs mois après des douches et des toilettes. Nous n’avions aucune initiative, l’école était dans le camp. De la Lozère à Mende où les conditions de vie étaient identiques.
En 1975, je me suis mariée avec un fils de harki et je suis venu vivre à Epinal. Mon mari travaillait à l’usine. Toute la famille s’en est bien sortie dont mes 4 enfants. Nous nous sommes bien intégrés. Je regrette de n’avoir pas transmis la langue à mes enfants. Sauf la cuisine, aucune transmission. Le plus dur pour moi et que l’on ne s’est pas occupé de nous., nous avons été rejetés, c’est la vérité.
J’en veux à la France. Ils voulaient nous EFFACER au vu de la manière dont nous avons été traités. Notre contact avec les européens était mitigé. Ils ne connaissaient pas notre histoire. C’était caché. Nous restions entre nous. Il faut être fort pour avoir survécu à tout cela. Il faut se mettre dans une carapace. Je suis retournée l’an dernier en Algérie. L’Algérie n’est plus mon pays, elle ne fait plus parti de ma vie, il me tardait de rentrer.
ICI, JE ME SENS CHEZ MOI, JE SUIS CHEZ MOI ! Je suis fière d’avoir réussi ma vie. Le motif de ma fierté : ce sont mes enfants et je suis fière aussi pour la mémoire de mes parents.
Tout ces témoignages sont recueillis par R.G , vidéos HD de
- L’Association Départementale Harkis Dordogne Veuves et Orphelins
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https://www.harkisdordogne.com/
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