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Aveyron : les hommages se succèdent après la disparition de Serge Ighilameur

Serge Ighilameur (à gauche) lors d'une commémoration.

Le président de l'association départementale des harkis de l'Aveyron est décédé dimanche 22 novembre.

" Serge Ighilameur était un homme de conviction, qui a œuvré sans relâche à la reconnaissance des droits des harkis et de leurs enfants ", a rappelé la préfète de l'Aveyron, Valérie Michel-Moreaux, suite à la disparition du président de l'association départementale des harkis de l'Aveyron, le dimanche 22 novembre.

" Il était un partenaire précieux pour les services de l’État avec lesquels il entretenait un échange constructif ", a-t-elle poursuivi.

De son côté, le député Arnaud Viala s'est souvenu que Serge Ighilameur était " tout à la fois très fier de son parcours de vie et profondément marqué par les moments difficiles de son existence, Serge était un infatigable défenseur de la cause des harkis, dont il portait les valeurs avec énergie, persévérance et abnégation ".

" Son attachement inlassable à la reconnaissance de leur rôle dans le passé de notre pays l’avait conduit à présider depuis de longues années l’association départementale, rôle qui lui tenait particulièrement à cœur et qu’il accomplissait avec précision et dignité (...) Pour lui, cette mémoire ne s’arrêtait pas aux seuls moments de commémoration, et il était engagé aux côtés des démarches législatives et politiques visant à octroyer aux harkis et à leurs descendants des signes de gratitude nationale ", a complété le député.

24/11/2020

 

Aveyron : Serge Ighilameur, fervent défenseur de la cause des Harkis, s’est éteint

Serge Ighilameur (à droite) le 25 septembre dernier, pour la journée nationale d’hommage aux Harkis.

Le président des Harkis de l’Aveyron était un homme apprécié et respecté.

Figure marquante de la communauté harkie et de la vie millavoise, ne manquant jamais un hommage ou une commémoration, Serge Rabah Ighilameur était une personnalité républicaine estimée en Aveyron et au-delà.

À presque 76 ans, il est décédé dimanche soir à l’hôpital de Rodez d’une crise cardiaque, a fait savoir sa famille. Né en 1944 à Ménerville, en Kabylie, du temps de la colonisation, il était arrivé en France en 1962 après l’engagement de son père, Saïd Ighilameur, aux côtés de l’armée française pendant la guerre d’Algérie.

Infatigable défenseur des droits des Harkis tout au long de sa vie, il s’est attelé à fédérer une mosaïque d’associations au niveau national pour obtenir davantage de reconnaissances de la part autorités.

"Un grand patriote"

"C’était un grand ami et une forte personnalité qui ne laissait pas les gens indifférents. Il avait le physique d’un joueur de rugby et ne passait pas inaperçu. Il avait été très peu de temps à l’école, mais il avait acquis des principes et des valeurs qui étaient pour lui intangibles et qu’il défendait avec vigueur. Il ne supportait pas qu’on ne respecte pas la France, c’était un grand patriote", souligne Bernard Rainero, ami intime de Serge Ighilameur et originaire comme lui d’Algérie.

Le souvenir de la guerre, une période terrible qui a marqué fortement le jeune adolescent de l’époque. "Après l’indépendance, sa famille vivait dans des camps militaires, poursuit Bernard Rainero. La nuit, ils entendaient les gens du FLN venir chercher d’autres familles les égorger en hurlant, c’était effroyable. Il disait avoir été sauvé in extremis et avoir eu la chance, malgré tout, d’être rapatrié en France."

"Serge était respectueux de tout"

Au cours de l’été 62, il fait partie des 8 000 Harkis de passage au camp de transit du Larzac, avant d’être orienté parmi les siens vers celui du hameau de Nouzet, où les conditions de vie n’étaient pas moins rudes.

L’homme s’établit ensuite dans le département, où il travaille dans les travaux publics et perpétue le devoir de mémoire.

"Serge était respectueux de tout, de la loi, des personnes. Il n’a jamais dit un mot de déplacé vis-à-vis de tous ses employeurs et parlait de son patron comme si c’était un membre de sa famille. Il était aussi objectif sur la communauté harkie. Il s’apercevait parfois que ça ne tournait pas rond mais défendait leurs droits bec et ongles, il était formidable à ce niveau-là."

"C'était un bon père"

Un modèle jusque dans la sphère familiale. "C’était un bon père qui nous a inculqué les valeurs du travail, de respect et de la République", relate pudiquement sa fille Stéphanie.

Il aura également inspiré son fils, Laurent, aujourd’hui major dans la marine nationale. Grand-père de six petits-enfants, l’homme vivait en concubinage depuis le décès de sa femme en 1993.

Ses obsèques auront lieu dans la stricte intimité familiale jeudi 26 novembre, au crématorium de Millau. Un hommage sera rendu plus tard au mémorial des Harkis de La Cavalerie.

Un homme engagé et de conviction

La préfète de l’Aveyron salue "un homme de conviction et de grande valeur". Le maire de Saint-Affrique, "un homme engagé et impliqué à chaque manifestation de mémoire". "Un infatigable défenseur de la cause des harkis, dont il portait les valeurs avec énergie, persévérance et abnégation", s’exprime le député Arnaud Viala. "Une voix forte vient de s’éteindre", regrette l’adjoint au maire de Millau aux Anciens combattants. "Ses coups de gueuleétaient légendaires mais son bon sens a été en tout point exemplaire", salue enfin son ami le colonel Monbelli-Valloire.​​​​​​

25/11/2020

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